Famidac

Famidac, l’association nationale des accueillants familiaux et de leurs partenaires
Pratiques en santé mentale N° 2/2003

Les accueils familiaux : originalité et diversité

Éditorial

(...) L’accueil familial englobe, sous un même vocable, une diversité de situations qui ont, fort heureusement, rarement à voir avec le gardiennage, le nourrissage ou une hôtellerie bon marché. Le type de population accueillie s’est diversifiée (maladie d’Alzheimer, alcoolique, toxicomane, TC, etc.), les modalités d’agrément et de recrutement tendent à s’harmoniser et les accueillants familiaux bénéficient pour la plupart d’une formation pour les aider à penser les situations qu’ils vivent au quotidien de leur intimité familiale.

Enfin, les indications, notamment en psychiatrie, ont changées. L’accueil familial thérapeutique n’est plus le lieu de placement pour malades chronicisés mais il s’adresse à des patients ayant des pathologies plus actives, dans une perspective réadaptative, en s’appuyant sur des compétences nouvelles pour des besoins nouveaux. Le travail en partenariat s’installe progressivement et des ponts et des articulations sont jetés entre le champ sanitaire et social ou médico-social.

Les clés de la réussite d’un accueil familial, quelle que soit la population accueillie (enfant, adolescent, malade mental, personnes handicapées ou âgées, toxicomane ) semblent reposer d’abord sur une collaboration et une reconnaissance claire des places de chacun des intervenants dont la formalisation (contrat d’accueil, contrat thérapeutique, règlement intérieur) ne résout pas tout, si elle ne s’accompagne pas de temps de parole avec chacun, dans des lieux et des temps distincts (supervision des familles et des membres de l’équipe).

La singularité de l’accueil familial est multiple. Il comporte aussi des ambiguïtés que chacun tente de concilier. Ainsi, la limite entre l’espace privé et l’exercice d’un travail (lieu de vie et lieu de soins) pour l’accueillant familial demeure ténue ; chacun se construit ses propres espaces et ses temps à soi.

Le paradoxe est que lorsque l’accueillant familial a bien " travaillé " avec la personne qu’il accueille, la " récompense " du travail accompli se traduit par le départ de la personne accueillie. La question reste posée, celle de savoir où commence le thérapeutique ou où finit le social dans l’accueil familial ?

A toutes ces interrogations et à bien d’autres, ce dossier tentera de répondre, je l’espère.

Éric Auger, assistant social